Matériaux biosourcés : pourquoi le bâtiment se tourne vers les ressources végétales
Isoler un logement, c’est chercher à conserver la chaleur en hiver. Avec la multiplication des épisodes de canicule, c’est aussi tenter de garder les pièces habitables en été. Dans ce contexte, des matériaux comme la fibre de bois, le chanvre ou la ouate de cellulose attirent davantage l’attention des professionnels du bâtiment.
Leur point commun : ils sont fabriqués, en tout ou partie, à partir de matières d’origine végétale ou animale. Utilisés notamment pour isoler les murs et les combles, ces matériaux dits "biosourcés" ralentissent les échanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur. Certains retardent également la pénétration de la chaleur dans le logement, ce qui peut améliorer le confort d’été. Leurs performances varient toutefois selon le matériau et la manière dont il est posé.
Une progression malgré la crise du bâtiment
Cet intérêt se traduit désormais dans les chiffres. Selon le baromètre de l’Association des industriels de la construction biosourcée (AICB), 32,7 millions de m² d’isolants biosourcés ont été installés en France en 2025. C’est 16 % de plus qu’en 2023, alors même que le secteur du bâtiment traverse une période difficile. En dix ans, les volumes ont augmenté de 126 %.
Dans l’Ain, BioSource Distribution témoigne de cette dynamique. L’entreprise, spécialisée dans la vente de matériaux biosourcés aux professionnels, affichait une croissance de 15 % en 2026, rapporte Le Progrès. Son fondateur, Fabrice Lorut, observe également que l’écart de prix avec les isolants conventionnels s’est réduit : la hausse des coûts de l’énergie a davantage pesé sur la fabrication de produits comme la laine de verre ou le polystyrène.
Parmi les produits qu’il distribue figure le chanvre. Transformé en isolant ou mélangé à de la chaux pour former des blocs et des enduits, il offre aussi un débouché à la filière agricole. Sa culture demande peu d’eau et, selon Fabrice Lorut, ne nécessite pas d’engrais.
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Un marché qui doit encore changer d’échelle
Malgré cette croissance, les biosourcés restent minoritaires : ils représentent 8,2 % du marché de l’isolation en volume et 11 % en valeur, d’après l’AICB. Leur diffusion passe notamment par la formation des artisans, car une pose inadaptée peut réduire leurs performances ou entraîner des problèmes d’humidité.
La réglementation pourrait aussi peser sur leur développement. À partir de 2030, au moins 25 % des rénovations lourdes et des constructions relevant de la commande publique devront recourir à des matériaux biosourcés oubas carbone. Cette obligation ne garantit donc pas leur utilisation sur chaque chantier concerné, mais elle pourrait offrir de nouveaux débouchés à la filière.
Source: www.linfodurable.fr
