Le niveau de la mer ne monte pas de manière homogène à travers le globe. Ce constat, confirmé par des simulations récentes, révèle que certaines régions vont devoir composer avec une élévation marine bien supérieure à la moyenne mondiale. Une réalité qui complique fortement les prévisions économiques et la gestion du risque littoral.
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Une montée des eaux géographiquement déséquilibrée
Les causes de cette inégalité résident dans les lois fondamentales de la physique terrestre. Lorsqu’une immense masse de glace, comme celle qui recouvre l’Antarctique, fond, elle modifie la répartition de la gravité terrestre. En effet, les calottes polaires exercent une attraction sur les masses d’eau environnantes. Leur fonte entraîne une redistribution de cette eau, qui s’éloigne de la région polaire pour s'accumuler ailleurs. Selon les explications de l’équipe scientifique qui a publié son étude dans la revue Nature Communications, ce phénomène gravitationnel produit une baisse relative du niveau marin près de l’Antarctique, mais accentue l’élévation ailleurs, notamment dans l’hémisphère nord.
Ce processus est renforcé par deux effets supplémentaires : d’une part, le « rebond isostatique » de la Terre, autrement dit la remontée du sol après le retrait de la glace ; d’autre part, les infimes modifications de l’axe de rotation terrestre causées par cette redistribution de masse. Chacun de ces mécanismes contribue à accentuer ou atténuer localement la montée des eaux.
Des régions entières plus exposées que la moyenne
D’après l’analyse scientifique publiée le 26 novembre 2025 par Futura Sciences, les régions côtières situées dans l’océan Indien, l’ouest de l’Atlantique ou certaines parties du Pacifique sont particulièrement vulnérables. C’est notamment le cas de nombreuses îles et archipels tropicaux qui pourraient connaître une élévation bien supérieure à la moyenne mondiale. Dans un scénario d’émissions élevées, la contribution de la seule calotte antarctique pourrait entraîner une hausse du niveau marin de 1,5 mètre dans certaines zones d’ici 2200, soit bien au‑delà des projections globales, comme le souligne l’article de Futura Sciences.
Une simulation publiée par Phys.org le 5 novembre 2025 va dans le même sens : les modèles couplés de fonte glaciaire et de circulation océanique montrent que certaines zones très éloignées de l’Antarctique pourraient encaisser une élévation extrême, tandis que d’autres en subiraient une moindre. Cette asymétrie structurelle transforme la perception du risque côtier.
Des conséquences économiques à la hauteur du déséquilibre
L’impact différencié de cette élévation accentue la pression sur les régions les plus exposées. L’élévation localisée du niveau marin implique des coûts considérablement plus élevés pour les zones littorales vulnérables. Il faudra renforcer les digues, repenser l’aménagement urbain, déplacer certaines infrastructures vitales et parfois envisager des relocalisations. Le World Meteorological Organization rappelle dans un rapport de 2025 que « l’élévation future du niveau des mers est certaine, mais la quantité et la vitesse restent incertaines», ce qui rend l’adaptation d’autant plus complexe.
Au-delà des dommages matériels, les effets sociaux seront également considérables. De nombreuses communautés dépendantes des écosystèmes côtiers, pêcheries, tourisme, transport maritime, verront leurs conditions d’existence bouleversées. Certaines îles du Pacifique pourraient même devenir inhabitables bien avant la fin du siècle.
Une planification régionale indispensable
Les projections climatiques doivent impérativement intégrer ces disparités géographiques. Trop souvent, les politiques publiques se fondent sur des moyennes globales, occultant les risques spécifiques auxquels certaines zones sont confrontées. Il devient donc capital que les modèles d’anticipation tiennent compte des dynamiques locales : effets gravitationnels, structure géologique, modification des courants océaniques.
Une approche régionale permettrait d’allouer plus justement les moyens d’adaptation et de hiérarchiser les priorités en matière d’investissements. Sans ce changement de paradigme, certaines régions paieront le prix fort d’une crise climatique qu’elles n’ont pas provoquée, non seulement en surface perdue, mais aussi en vies perturbées.
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Source: www.greenetvert.fr
