En 2026, le choix entre immobilier neuf et ancien ne relève plus seulement du confort ou du budget. Il devient une lecture du risque. Derrière les barèmes affichés, les établissements bancaires arbitrent de plus en plus entre deux trajectoires patrimoniales : celle d’un logement immédiatement conforme aux exigences énergétiques et celle d’un bien à transformer dans un environnement réglementaire incertain.
Cette évolution ne se traduit pas toujours par des refus explicites. Elle s’observe plutôt dans les marges, les exigences de dossier, les simulations de travaux, ou encore la cohérence globale du projet. Pour les emprunteurs, comprendre cette logique permet d’anticiper les décisions et de structurer un dossier plus solide.
Table des matières
Le neuf : un risque perçu comme plus lisible
Dans un contexte de transition énergétique accélérée, le logement neuf présente un avantage majeur : la visibilité. Performance énergétique élevée, garanties constructeur, faible probabilité de travaux à court terme. Pour la banque, cela réduit l’incertitude.
L’œil de l’expert : La règle des 35% sous tension
En 2026, les recommandations du HCSF (Haut Conseil de stabilité financière) ne sont plus seulement une barrière de revenus. Les banques utilisent la flexibilité de 20% accordée par le HCSF pour favoriser prioritairement les dossiers « verts ».
Pour un projet dans le neuf, la banque considère que le reste à vivre est protégé contre l’inflation énergétique, facilitant l’octroi du prêt même si l’endettement frôle la limite légale. À l’inverse, sur une passoire thermique, la « marge de sécurité » demandée par les comités de crédit réduit de fait votre capacité d’achat réelle.
La valeur future du bien apparaît plus stable à court et moyen terme. Les coûts énergétiques sont maîtrisés, la liquidité plus prévisible, et les contraintes réglementaires déjà intégrées. Ce profil rassure les comités de crédit, notamment lorsque les taux restent élevés et que la prudence domine.
L’ancien : un potentiel… mais aussi une trajectoire
Rappel Calendrier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul du DPE a encore évolué, impactant directement la capacité d’emprunt sur l’ancien.
- Audit obligatoire : Désormais systématique pour les classes E, F et G lors de la vente.
- Taux d’effort : Le HCSF maintient la limite de 35%, mais inclut désormais plus strictement les charges énergétiques théoriques.
L’ancien conserve un attrait évident : emplacement, prix d’entrée plus accessible, potentiel de valorisation. Toutefois, ce potentiel repose désormais sur une transformation. Isolation, chauffage, ventilation, parfois restructuration. L’achat ne constitue plus la seule étape. Le projet global inclut rénovation et financement.
Dans ce contexte, la banque analyse moins la situation actuelle du bien que sa trajectoire. Un logement classé F ou G n’est pas nécessairement écarté, mais il implique une projection. Plan de travaux, aides mobilisées, horizon de détention : ces éléments deviennent centraux.
Cas particulier
Si le marché semble condamner l’ancien, certains profils tirent encore leur épingle du jeu.
Comprendre pourquoi certains investisseurs continuent pourtant de financer les passoires thermiques.
Le DPE comme indicateur de liquidité
La performance énergétique influence désormais la facilité de revente. Dans certains marchés, les passoires énergétiques subissent des décotes plus marquées et des délais de vente plus longs. Pour l’établissement prêteur, cette liquidité constitue une garantie indirecte.

L’analyse Marché : Pourquoi le neuf gagne la partie ?
Face à l’arbitrage bancaire et à la complexité des travaux dans l’ancien, une nouvelle hiérarchie s’installe. Le neuf ne se choisit plus pour le confort, mais comme un bouclier réglementaire.
Consulter le dossier : La sérénité immobilière par le neuf →
Le raisonnement est simple : en cas de difficulté de remboursement, un bien facilement revendable limite le risque. À l’inverse, un logement nécessitant une rénovation lourde peut fragiliser la sortie.
Pourquoi les banques favorisent parfois le neuf
Prévisibilité : coûts énergétiques et charges mieux maîtrisés.
Moins de travaux : réduction du risque de tension budgétaire future.
Valeur future : meilleure lisibilité dans un cadre réglementaire mouvant.
Assurance : sinistralité et garanties techniques plus claires.
Liquidité : facilité de revente en cas de difficulté.
Un arbitrage plus subtil qu’un simple “oui” ou “non”
Dans la pratique, les banques n’opposent pas frontalement neuf et ancien. Elles pondèrent les projets. Un ancien bien situé avec un plan de rénovation crédible peut être jugé plus solide qu’un neuf mal localisé ou surévalué.
L’analyse devient multidimensionnelle : localisation, performance future, solvabilité, cohérence patrimoniale. Ce qui change en 2026, c’est la profondeur de cette lecture.
| Critère de Risque | Immobilier Neuf (RE2020+) | Ancien (Classe E/F/G) |
| Visibilité Bancaire | Maximale (Garanties décennales) | Limitée (Risque de travaux imprévus) |
| Impact sur le Prêt | Taux bonifiés possibles (« Prêt Vert ») | Décote de garantie (LTV réduite) |
| Valorisation 2030 | Stable (Conformité assurée) | Conditionnée à la rénovation lourde |
| Décision Crédit | Traitement rapide | Analyse multicritère approfondie |
Ce que cela change pour les acheteurs
Pour les particuliers, la préparation du dossier devient stratégique. Simuler plusieurs scénarios, intégrer le coût des travaux, documenter les aides, démontrer la cohérence du projet. Cette approche rassure les établissements et améliore les conditions de financement.
Le choix entre neuf et ancien n’est donc plus uniquement émotionnel ou budgétaire. Il devient une question de trajectoire financière et énergétique.
Vers une nouvelle lecture du patrimoine
La transition énergétique ne transforme pas seulement les bâtiments. Elle transforme la manière dont les institutions évaluent le risque. Le crédit immobilier évolue progressivement vers une logique de projection. Le bien financé doit rester cohérent avec les contraintes futures.
Dans ce contexte, la question n’est plus seulement “neuf ou ancien”. Elle devient : quel projet est le plus robuste dans la durée ?
Sources
– Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) – Ministère de l’Économie Mesure relative à l’octroi de crédits immobiliers (taux d’effort 35%, durée, flexibilité)
– Ministère de l’Économie DPE : ce qui change au 1er janvier 2026 (évolution du calcul)
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Source: blog-habitat-durable.com
L’œil de l’expert : La règle des 35% sous tension
Rappel Calendrier 2026
Cas particulier