Comment se passe le don alimentaire pour une entreprise ?
En France, près de 4 millions de tonnes de nourriture encore consommable sont gaspillées chaque année. Soit près de la moitié des 9,4 millions de tonnes de déchets alimentaires recensés en 2022 d’après l’ADEME.
Dans ce contexte, le don alimentaire représente une réponse concrète à la fois sociale et écologique. Pour les entreprises, qu’il s’agisse de grande distribution, de restauration collective oud’industries agroalimentaires, donner des produits invendus permet de réduire le gaspillage, d’aider les associations et de contribuer à l’aide alimentaire nationale. Voyons concrètement, comment s’organise ce dispositif solidaire pour une entreprise.
Table des matières
Qu’est-ce que le don alimentaire pour une entreprise ?
Le don alimentaire désigne la mise à disposition, par une entreprise, de denrées encore consommables à destination d’une association caritative ou d’un réseau d’aide alimentaire nationale. En pratique, il peut s’agir de produits frais, secs ou d’articles d’hygiène, distribués gratuitement aux personnes en situation de précarité. Plusieurs acteurs majeurs participent à ces collectes : la Banque Alimentaire, les Restos du Cœur, le Secours populaire ou encore la Croix-Rouge française.
Une entreprise peut effectuer un don ponctuel lors d’une collecte alimentaire, ou bien formaliser un partenariat par une convention régulière avec une association nationale. Pour les structures qui souhaitent s’engager, des solutions existent afin d’en savoir + sur le don alimentaire.
Le cadre légal et les obligations
Depuis la loi Garot de 2016, renforcée par la loi AGEC de 2020, certaines entreprises sont légalement tenues de mettre en place un don alimentaire. Les obligations concernent notamment :
– les supermarchés de plus de 400 m²
– les opérateurs de restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour
– les industries agroalimentaires dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions d’euros, selon le Ministère de l’Agriculture.
Ces structures doivent conclure une convention avec une association nationale habilitée et élaborer un plan de gestion de la qualité du don. La réglementation impose également la traçabilité et le respect des conditions sanitaires, notamment la conservation et le contrôle des dates limites de consommation (DLC), comme le rappelle l’ANIA.
Au-delà des contraintes, ce cadre législatif traduit une volonté nationale et européenne de lutter efficacement contre le gaspillage alimentaire et de soutenir les populations en situation de précarité.
Comment se déroule concrètement un don alimentaire ?
Mettre en place un don alimentaire en entreprise implique une organisation adaptée. Après avoir désigné un référent interne, l’entreprise choisit un partenaire associatif et définit les modalités pratiques : volumes, fréquence, types de produits (frais, secs, invendus) et mode de collecte (ramasse directe, entrepôt, palettes).
La mise en œuvre s’appuie souvent sur des dispositifs existants : plateformes comme ClickDon (Banques Alimentaires), réseaux d’associations locales ou encore prestataires spécialisés comme Phenix, qui facilitent la logistique entre donateurs et bénéficiaires.
Concrètement, les étapes clés sont :
– désigner un référent chargé du suivi du don ;
– identifier une ou plusieurs associations habilitées (nationales ou locales) ;
– organiser la collecte selon les capacités de stockage et de transport ;
– assurer la traçabilité (registres, pesées, suivi numérique) ;
– veiller à la conformité sanitaire via contrôles réguliers.
Ces procédures garantissent une redistribution efficace et renforcent la lutte contre le gaspillage alimentaire, tout en soutenant les personnes en situation de précarité.
Quels avantages pour l’entreprise ?
S’engager dans le don alimentaire présente plusieurs bénéfices pour une entreprise.
– Le premier concerne la fiscalité : en vertu de l’article 238 bis du Code général des impôts, la valeur des produits distribués ouvre droit à une réduction d’impôt de 60 %, dans la limite de 2 millions d’euros, puis 40 % au-delà, avec un plafond global fixé à 20 000 € ou 5 % du chiffre d’affaires. Cette mesure, confirmée par le Service public, permet de soutenir des initiatives sociales tout en optimisant le coût de revient des dons.
– Sur le plan sociétal, ces actions renforcent la lutte contre la précarité alimentaire : d’après la plateforme gouvernementale JeVeuxAider.gouv.fr, 224 millions de repas sont distribués chaque année par les banques alimentaires en France, au bénéfice d’environ 2,4 millions de personnes, grâce à l’engagement de plus de 7 000 bénévoles mobilisés régulièrement et jusqu’à 130 000 bénévoles au total selon les campagnes nationales. Ces dons facilitent l’approvisionnement en denrées de première nécessité (légumes, pain, produits pour bébés, lait etc.).
– Enfin, l’impact en termes d’image est fort : au-delà de la solidarité, l’entreprise valorise sa politique RSE et son ancrage de proximité avec les associations locales. Elle contribue aussi à la souveraineté alimentaire défendue par l’Union européenne.
Quelles bonnes pratiques à adopter ?
Pour réussir un don alimentaire, une entreprise doit soigner son organisation et adapter ses procédures. L’approvisionnement doit être anticipé pour évaluer les quantités de denrées disponibles et assurer une bonne répartition entre les associations locales. Dans le cas de la grande distribution, certaines règles spécifiques encadrent le don alimentaire en grande distribution, notamment en matière de logistique et de sécurité.
Les bonnes pratiques incluent :
– mettre à disposition un espace de stockage adapté (centre, locaux, lieu identifié) ;
– prévoir du matériel pour transporter les produits (palettes, contenants) ;
– inclure, au-delà des denrées, des produits de première nécessité comme des vêtements ;
– garantir un accèsgratuit et équitable aux bénéficiaires.
En suivant ces étapes, les entreprises renforcent la confiance avec leurs partenaires associatifs et améliorent l’impact de leurs actions solidaires.
Le don alimentaire s’impose aujourd’hui comme un levier essentiel de solidarité et de réduction du gaspillage. Chaque année,lacollecte nationale et la grande collecte organisées par les Banques Alimentaires ou les Restos du Cœur permettent de répondre aux besoins de première nécessité.
Aux côtés de la société de Saint-Vincent-de-Paul, de la Croix-Rouge française ou d’autres réseaux, les entreprises contribuent directement à distribuer nourriture, vêtements et produits d’alimentation.
Au-delà des chiffres et des rapports, l’enjeu est d’assurer à long terme une souveraineté alimentaire durable, dans une logique d’économie circulaire afin de soutenir les personnes en situation de précarité et d’anticiper la fin du gaspillage.
Contenu partenaire. La rédaction d’ID n’a pas participé à la production cet article.
Source: www.linfodurable.fr