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Les émissions de CO2 mondiales en légère hausse mais contrastées
Les émissions de CO2 mondiales ont encore augmenté, confirmant la tendance à la hausse déjà observée en 2024 (+ 0,8 %). Cette évolution illustre l’incapacité des grandes économies à infléchir durablement la courbe. Pourtant, l’analyse détaillée par pays montre des divergences notables. La Chine, premier émetteur mondial représentant environ un tiers du total, a réduit ses émissions de 2,7 % au premier semestre. Ce recul est renforcé par d’autres analyses qui évoquent une baisse de 1 % malgré une demande électrique en hausse de 3,7 %. Ce paradoxe s’explique par l’accélération des investissements dans le solaire, avec un ajout record de 212 gigawatts au cours du semestre. Le secteur électrique chinois aurait même réduit ses émissions de 3 % sur la période, tandis que la production solaire bondissait de 270 térawattheures, soit bien plus que la hausse de la demande (+ 170 TWh), selon Carbon Brief. À l’inverse, les États-Unis enregistrent une hausse des émissions de 4,24 % au premier semestre.
Cette inversion de tendance est attribuée à un retour au charbon dans la production électrique, motivé par la flambée des prix du gaz.Reuters rapporte ainsi une progression de 21 % du recours au charbon au cours des deux premiers mois de l’année, entraînant une hausse de 9 % des émissions du secteur électrique et plus de 304 millions de tonnes de CO2 émises. Cette dynamique contraste avec les années précédentes, où la fermeture progressive des centrales à charbon permettait de stabiliser les rejets.L’Inde, autre grand émetteur, affiche une baisse de 2,16 % de ses émissions sur le semestre. Bien que modeste, cette évolution traduit un ralentissement temporaire de son usage des énergies fossiles. Dans le même temps, l’Union européenne affiche de mauvais résultats : + 4,65 % pour les Vingt-Sept, dont + 1,59 % pour la France, peut-on lire dans Les Échos. Ces chiffres confirment que la reprise économique et la persistance du charbon dans certains mix énergétiques continuent de peser lourdement sur le climat.
Chine et États-Unis, trajectoires opposées pour le climat
La comparaison entre la Chine et les États-Unis illustre les nouvelles dynamiques des émissions de CO2 mondiales. Pékin, malgré la poursuite de l’ouverture de centrales à charbon, compense par des investissements massifs dans les énergies renouvelables. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la part de l’électricité produite par le charbon en Chine a diminué de 2,6 % sur les six premiers mois de 2025, tandis que le solaire progressait de 45 %. Cette transition est désormais tangible dans les statistiques énergétiques.
À Washington, la situation est inverse. Sous l’effet des choix politiques et économiques, les émissions repartent à la hausse. Le recours au charbon a rebondi de manière significative, augmentant de 21 % au début de l’année. Cette inflexion est jugée préoccupante par les experts, d’autant queles États-Unis représentent environ 13 % des émissions mondiales de CO2. Cette hausse remet en cause les engagements climatiques pris lors des précédentes conférences et alourdit la trajectoire mondiale. Cette divergence entre les deux premiers émetteurs interroge la gouvernance climatique mondiale. Alors que la Chine parvient à amorcer une baisse, les États-Unis accentuent leur empreinte. Les deux trajectoires combinées déterminent pourtant largement la courbe globale des émissions, compte tenu de leur poids cumulé supérieur à 45 % des rejets planétaires.
L’Europe et la préparation de la COP30 sous pression
L’Union européenne, souvent présentée comme un moteur de la diplomatie climatique, voit ses émissions augmenter de 4,65 % au premier semestre. La France n’échappe pas à cette tendance avec une hausse de 1,59 %. Selon le Citepa, organisme chargé de mesurer les émissions hexagonales, la baisse continue observée depuis plusieurs années s’est interrompue au premier trimestre 2025. Cette stagnation met en lumière la difficulté de maintenir un rythme compatible avec les objectifs de neutralité carbone. À moins de cent jours de la COP30 de Belém, la pression monte.
Le président de la conférence, André Corrêa do Lago, a rappelé que 80 % des signataires de l’accord de Paris n’avaient toujours pas transmis leur feuille de route de décarbonation à l’horizon 2035, malgré l’échéance de septembre 2025. Cette absence de planification fragilise l’ensemble du processus international et alimente les inquiétudes sur la crédibilité des engagements.La perspective d’un dépassement du seuil de + 1,5 °C de réchauffement, désormais jugé inéluctable par plusieurs études scientifiques, donne une urgence supplémentaire à ces négociations.
L’Europe, en affichant des résultats médiocres en matière de réduction des émissions de CO2, se prive d’un levier de crédibilité dans ces discussions. L’absence de convergence entre ses États membres, certains continuant de dépendre du charbon, explique en partie cette contre-performance. La COP30 sera ainsi un test majeur de la capacité des grandes puissances à coordonner leurs efforts pour inverser la courbe des émissions mondiales.
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Source: www.greenetvert.fr