Le rapport 2026 de l’ONG Urgewald sur le charbon est sans équivoque : malgré 76 projets annulés en 2025, 257 nouveaux ont été lancés, creusant le fossé entre les engagements climatiques et la réalité des investissements énergétiques mondiaux. Ce ratio de 3 pour 1 transforme chaque avancée écologique en défaite numérique.
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257 nouveaux projets charbonniers annoncés en 2025
La Global Coal Exit List 2026 d’Urgewald présente un bilan alarmant. Pacôme David-Mauduit, chercheur senior, résume : « Pour chaque projet abandonné, trois nouveaux sont annoncés. » En 2025, 76 projets ont été annulés tandis que 257 étaient lancés, illustrant l’accélération de l’industrie charbonnière.
Le nombre total de projets en développement s'élève à 1 510, incluant mines, centrales thermiques, installations de conversion charbon-chimie et infrastructures associées. Parmi ceux-ci, 606 projets de centrales totalisent 740 GW, soit quatre fois la capacité actuelle des États-Unis. Les nouvelles capacités d'extraction planifiées de 3 271 millions de tonnes par an représentent 41 % de la production mondiale actuelle.
Une trajectoire incompatible avec l'Accord de Paris
Ces chiffres révèlent une trajectoire incompatible avec les objectifs de l'Accord de Paris. Chaque nouveau projet de charbon verrouille des émissions de CO2 pour plusieurs décennies, les centrales thermiques ayant une durée de vie de 40 à 50 ans. Construire 740 GW de capacité supplémentaire aujourd'hui garantit des émissions massives jusqu'en 2070, bien au-delà des objectifs de neutralité carbone de 2050.
Urgewald recense plus de 1 500 entreprises et 1 150 filiales dans la chaîne de valeur du charbon thermique. Bien que 717 institutions financières utilisent cette base de données pour restreindre leurs financements, l'industrie continue de prospérer, révélant l'inefficacité des engagements volontaires face à la rentabilité immédiate du charbon, notamment en Asie où la demande électrique explose.
95% des entreprises sans plan de sortie du charbon
Le rapport d'Urgewald met en lumière l'absence de plans crédibles pour abandonner progressivement le charbon chez 95 % des entreprises listées. Aucun calendrier, aucune trajectoire de réduction, aucun investissement significatif dans les alternatives. L'industrie privilégie les profits à court terme au détriment de la survie climatique à long terme.
Heffa Schücking, directrice d'Urgewald, déclare : « L'électrification sans abandon du charbon, c'est comme se doucher avec de l'eau polluée. » Alors que les énergies renouvelables progressent, elles ne compensent pas la croissance simultanée du charbon, entraînant une augmentation de la consommation énergétique globale sans réduction des émissions.
Chine et Inde : 88% du pipeline mondial
La Chine domine le pipeline mondial avec 70 % de la capacité de centrales thermiques planifiées. Le China Energy Investment Group prévoit 44 GW de nouvelle capacité. Pékin justifie cette stratégie par la sécurité énergétique et la croissance économique, le charbon fournissant une électricité stable et bon marché indispensable à l'industrie manufacturière.
L'Inde, quant à elle, représente 18 % du pipeline. Coal India dispose de 552 Mtpa de nouvelle capacité en développement. Le dilemme indien reflète les tensions Nord-Sud sur la justice climatique. Les pays émergents réclament des transferts technologiques et des financements massifs pour renoncer au charbon, tandis que chaque tonne de CO2 continue de réchauffer la planète.
Charbon-chimie : une demande polluante croissante
En Chine, les projets de conversion charbon-chimie sont passés de 42 à 76 en un an. Ces installations, qui transforment le charbon en produits chimiques, créent une nouvelle demande structurelle de charbon, prolongeant ainsi sa viabilité économique. Ce processus émet davantage de CO2 que la combustion pour l'électricité et produit des polluants locaux.
Les trajectoires réelles versus les promesses climatiques
L'écart entre discours et réalité mine la crédibilité des politiques climatiques. Les gouvernements signent des accords ambitieux lors des COP, mais autorisent de nouveaux projets charbonniers. La Turquie, co-hôte de la COP 31, maintient 2,4 milliards d'euros de subventions annuelles au charbon tout en autorisant de nouveaux projets. Sans rupture radicale, un réchauffement supérieur à 2°C devient inévitable, condamnant la stabilité climatique.
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Source: www.greenetvert.fr
