Le 24 février 2026, des équipes françaises ont rendu publics des résultats préoccupants sur l’impact de la chaleur durant la grossesse. Dans un contexte de dérèglement climatique, cette analyse scientifique met en lumière un lien statistique entre exposition thermique et réduction du poids à la naissance. L’enjeu sanitaire est d’autant plus sensible que les fœtus constituent une population vulnérable aux variations environnementales.
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Chaleur et fœtus : un effet mesuré dès le début de grossesse
D’abord, les chercheurs de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes et de Santé publique France ont étudié les données de 20 904 femmes enceintes recrutées entre 2002 et 2017. Cette vaste cohorte permet d’évaluer finement l’impact de la chaleur sur les fœtus, et notamment sur le poids de naissance. L’étude, publiée dans Environmental Science & Technology, montre qu’une température moyenne de 21,6 °C entre la deuxième et la quinzième semaine de grossesse est associée à une diminution du poids comprise entre -40 et -200 g.
Ensuite, le communiqué publié le 24 février 2026 par Santé publique France et l’Inserm indique que l’exposition à la chaleur pendant les deux premiers trimestres est « significativement associée » à une baisse du poids de naissance de -40 à -200 g. Même en l’absence de canicule, une chaleur modérée mais prolongée pourrait influer sur la croissance des fœtus. De surcroît, ces résultats suggèrent que la période précoce de la gestation constitue une phase critique face à la chaleur.
Une chaleur hors canicule, mais un risque pour les fœtus
Par ailleurs, l’étude souligne que l’effet de la chaleur ne se limite pas aux épisodes extrêmes. La réduction du poids de naissance est observée même hors canicule. Cette observation élargit la réflexion sanitaire : la chaleur quotidienne, et non seulement les pics thermiques, pourrait peser sur la santé des fœtus. De fait, la question dépasse la simple gestion des alertes météo. Cependant, l’impact de la chaleur varie selon le moment de la grossesse.
Une exposition entre les semaines 32 et 35 est associée à une augmentation d’environ 60 g du poids de naissance. Cette variation tardive contraste avec la baisse constatée au début de la grossesse. Néanmoins, les chercheurs insistent sur la complexité des mécanismes biologiques impliqués, et par conséquent sur la nécessité de poursuivre les investigations pour comprendre comment la chaleur agit différemment selon les phases de développement des fœtus.
Quand la chaleur amplifie les vulnérabilités des fœtus
L’étude s’inscrit dans un contexte climatique marqué par l’élévation progressive des températures. Lucie Adélaïde, épidémiologiste à l’Inserm, explique : « Étudier ces liens entre chaleur et poids de naissance est particulièrement important dans le contexte actuel de dérèglement climatique, car les études montrent qu’un faible poids de naissance est un facteur de risque de complications, voire de mortalité chez le nouveau-né, mais également de survenue de pathologies tout au long de la vie comme le diabète ou l’hypertension. »
Le faible poids de naissance demeure fréquent à l’échelle mondiale. Environ 15 % des nouveau-nés dans le monde présentaient en 2020 un poids inférieur à 2,5 kg. Or, si la chaleur contribue à accroître ce risque, même modestement, l’effet cumulatif pourrait devenir significatif. Dès lors, les chercheurs appellent à intégrer la dimension climatique dans le suivi des grossesses, afin de protéger au mieux les fœtus face à une chaleur appelée à s’intensifier.
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Source: www.greenetvert.fr
