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Record de température océanique confirmé par Copernicus
Le service européen Copernicus pour le changement climatique a annoncé, le lundi 12 octobre 2026, des données préoccupantes concernant les températures de septembre. La température moyenne de surface des océans a atteint un niveau sans précédent de 21,05°C, surpassant le record précédent de 20,92°C établi en septembre 2023. Ces chiffres sont attribués à une intensification exceptionnelle du phénomène El Niño.
En parallèle, les températures atmosphériques mondiales ont également atteint des sommets. Septembre 2026 est désormais le deuxième mois de septembre le plus chaud jamais enregistré, avec une température moyenne de l'air en surface de 16,27°C. L'anomalie de 1,63°C par rapport à la moyenne préindustrielle (1850-1900) est particulièrement inquiétante, rapprochant dangereusement l'humanité du seuil symbolique de 1,5°C fixé par l'accord de Paris en 2015.
El Niño et ses répercussions
Les observations de Copernicus indiquent que la région Nino3.4 du Pacifique tropical a enregistré une température de surface de l’eau de 29,70°C en septembre, un « maximum absolu » dépassant les pics des épisodes El Niño de 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016. « Cela souligne l’intensité exceptionnelle de l’actuel El Niño », a déclaré le service européen.
Toutefois, Copernicus reste prudent. Dans une déclaration à l'AFP, il souligne qu'il est encore trop tôt pour affirmer que cet El Niño est le plus fort jamais enregistré. Cette prudence est due à la difficulté de comparer les épisodes à cause du réchauffement climatique qui modifie les températures océaniques de base.
Pour contourner ce problème, Copernicus utilise un nouvel indice prenant en compte le réchauffement global des océans tropicaux, selon lequel l'épisode actuel n'est pas encore le plus intense. Cependant, les valeurs de septembre laissent entrevoir un El Niño déjà très fort, alors que le pic de cet événement n'est généralement atteint qu'entre novembre et janvier.
Divergences entre organismes climatiques
Les évaluations de l'intensité d'El Niño diffèrent selon les organismes météorologiques en raison de méthodes d'analyse variées. Par exemple, l'agence météorologique japonaise a récemment déclaré que l'intensité d'El Niño avait atteint un record, avec des températures surpassant la normale de 4°C. Cela contraste avec la prudence de Copernicus.
Ces différences résultent de méthodologies variées, chaque institution disposant de ses propres données historiques et seuils de classification. Malgré ces divergences, tous conviennent que l'El Niño de 2026 est parmi les plus intenses observés depuis le début des mesures systématiques.
Le seuil de 1,5°C fréquemment dépassé
Les données de Copernicus soulignent l'urgence de respecter l'accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique « bien en dessous » de 2°C, avec un objectif de 1,5°C. Or, avec une anomalie de 1,63°C en septembre 2026, le monde dépasse encore ce seuil symbolique.
Carlo Buontempo, directeur de Copernicus, avertit que franchir le seuil fixé par l’accord de Paris n’est plus qu’une question de temps. Selon lui, l’ampleur et la durée de ce dépassement dépendent de nos actions futures.
Les Nations unies avaient déjà prévu que l'objectif de 1,5°C serait manqué dans quelques années. Les scientifiques insistent sur la nécessité de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour minimiser le temps passé au-dessus de ce seuil et ramener les températures à des niveaux plus sûrs.
Un phénomène naturel amplifié par le réchauffement
El Niño, phase chaude d'un cycle climatique, réchauffe les eaux du Pacifique équatorial, modifiant les régimes climatiques mondiaux. Il accroît le risque de sécheresses et d'inondations, perturbant agriculture et écosystèmes.
Ce phénomène se produit habituellement tous les deux à sept ans, mais son impact est amplifié par le réchauffement climatique anthropique. Le réchauffement global des océans, causé par les émissions humaines, crée une base thermique plus élevée pour El Niño, favorisant des records de température plus fréquents.
Les chiffres de Copernicus montrent que chaque nouvel El Niño établit des records inimaginables il y a quelques décennies. En septembre 2026, la température moyenne de surface des océans a dépassé de 0,13°C le record de 2023. Les océans, absorbant 90 % de l'excès de chaleur, subissent un réchauffement, une acidification et des perturbations des courants, affectant les écosystèmes et les populations dépendantes des ressources marines.
Les données de septembre 2026 de Copernicus sont un nouvel avertissement. Elles montrent que le climat évolue à une vitesse sans précédent, influencé par des activités humaines émettant plus de 40 milliards de tonnes de CO₂ par an. Le défi consiste à transformer radicalement nos systèmes énergétiques, industriels et agricoles pour éviter des points de bascule irréversibles.
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Source: www.greenetvert.fr
