Voiture électrique : pourquoi Renault revoit sa stratégie pour 2030
"D'ici 2030, la marque Renault vise 100 % de ventes électrifiées en Europe et 50 % hors d’Europe », indique le constructeur dans un communiqué de presse. Il vise alors des ventes entièrement « électriques ou hybrides », ce qui signifie l’arrêt des modèles uniquement à essence ou diesel. L’objectif est ambitieux alors que le groupe écoule encore actuellement 40 % de voitures purement thermiques en Europe.
Cet objectif est un pilier du plan « FutuREady », qui vise à faire de l’entreprise française « le constructeur européen de référence ». Sur la période 2026-2030, 36 nouveaux modèles, dont 16 électriques, devraient sortir des usines. Renault souhaite également se tourner vers trois marchés internationaux prometteurs : l’Inde, la Corée du Sud et l’Amérique latine.
Une feuille de route revue à la baisse
Si le groupe semble s'engager pleinement dans la voie de la voiture électrique, les objectifs sont en réalité revus à la baisse. En 2021, le fleuron de l'automobile français prévoyait 100 % de voitures tout-électriques d'ici 2030. Ce mardi, l'entreprise élargit donc son objectif aux voitures hybrides face à un marché du tout-électrique en difficulté. Les ventes dans le secteur sont plus lentes que prévu. En cause : la concurrence du géant américain Tesla et surtout les prix cassés des constructeurs chinois.
Selon l'Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), le marché est en légère reprise après une période très difficile. Dans son bilan annuel, l’association recense 10,8 millions de ventes au total, soit une hausse de 1,8 % par rapport à 2024. Toutefois, cela reste encore loin des chiffres d’avant la Covid, lorsque 15 millions de voitures neuves se vendaient chaque année en Europe.
Ce timide retour est porté par l'électrique selon le rapport. Une tendance logique puisque cette offre s'élargit sur le marché de l'automobile. En France par exemple, en plus du bonus écologique, l'opération de leasing social a permis 50 000 immatriculations supplémentaires en fin d’année 2025.
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Un virage électrique moins rapide que prévu
Dans ce contexte de difficultés pour le secteur automobile, l'Union européenne a renoncé au tout-électrique en décembre dernier. Avec initialement la volonté d’arrêter totalement la vente de véhicules hybrides et thermiques, la mesure était un pilier du pacte vert européen. Mais face à la pression des constructeurs, Bruxelles accorde le droit de continuer à vendre une part de véhicules équipés de moteurs thermiques ou hybrides après 2035.
Si la plupart des constructeurs européens se félicitent de la "flexibilité" dont fait preuve l'UE, les ONG environnementales s'insurgent. Greenpeace dénonce un "demi-tour" sur les engagements européens pendant que T & E évoque une « erreur stratégique ». Ce compromis politique satisfait donc les industries mais inquiète les défenseurs du climat. La transition vers la voiture électrique, elle, apparaît plus incertaine que jamais.
Source: www.linfodurable.fr
