Le 12 janvier 2026, la justice fédérale américaine a validé la reprise des travaux sur le site du parc éolien offshore Revolution Wind, situé au large des côtes du Rhode Island et du Connecticut. Ce projet, porté par Ørsted en partenariat avec Skyborn Renewables, avait été stoppé net par une décision de l’administration Trump invoquant des risques pour la sécurité nationale. Une décision qui, depuis, alimente une vive controverse dans le secteur de l’énergie.
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Un arrêt brutal devenu un bras de fer judiciaire
Le 12 janvier 2026, Royce C. Lamberth, juge fédéral du district de Columbia, a jugé recevable le recours déposé par Ørsted. Selon le magistrat, « Le projet est susceptible de subir un préjudice irréparable en l’absence d’une injonction, et le maintien du statu quo par l’octroi de cette injonction est dans l’intérêt public ». La procédure judiciaire faisait suite à la suspension de cinq projets majeurs d’éolien offshore décidée par Donald Trump à la fin de l’année 2025. L’ancien président avait alors invoqué des « menaces potentielles à la sécurité nationale », notamment liées à des interférences possibles avec les radars militaire, peut-on lire dans Le Monde.
Mais à l’époque du décret, le chantier de Revolution Wind était déjà réalisé à 87 %. Ørsted avait engagé des investissements colossaux et mobilisé une large chaîne industrielle, rendant la suspension particulièrement coûteuse. Face à cette décision jugée arbitraire, l’entreprise avait rapidement lancé une procédure en référé, avec le soutien discret d’acteurs institutionnels locaux.
Revolution Wind : un projet stratégique pour l’éolien en mer
Revolution Wind, avec une capacité prévue de 704 mégawatts, doit permettre d’alimenter plus de 350 000 foyers dans les États du Rhode Island et du Connecticut. Le chantier, initié en août 2023, représentait l’un des projets les plus avancés d’Ørsted aux États-Unis. Le coût total du projet est estimé à plus de 5 milliards de dollars, incluant les infrastructures en mer, les raccordements terrestres et les services logistiques associés. Il s’inscrit dans une dynamique ambitieuse de déploiement de l’éolien offshore sur la côte est américaine, soutenue jusqu’ici par le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM), l’organisme fédéral en charge des baux maritimes.
Ce parc éolien constitue aussi un enjeu économique régional. Sa suspension avait mis en péril des milliers d’emplois dans les ports, les chantiers de construction navale, les sociétés de maintenance et les fournisseurs d’équipements techniques. Sa reprise pourrait relancer toute une filière locale fragilisée par les décisions de l’exécutif.
Le blocage de Trump et ses conséquences
L’hostilité affichée de Donald Trump envers les énergies renouvelables n’est pas nouvelle. Depuis son retour à la présidence en janvier 2025, il a multiplié les initiatives pour freiner l’essor de l’éolien, qualifié de «désastre économique et environnemental », comme le mentionne le quotidien. En plus du moratoire décrété en décembre 2025 sur les projets en cours, Trump avait signé, dès son retour à la Maison-Blanche, un décret bloquant les nouveaux permis d’implantation dans les eaux fédérales. Ces mesures ont provoqué une onde de choc chez les industriels, mais aussi chez les gouverneurs des États côtiers, dont plusieurs ont contesté ces décisions devant les tribunaux.
C’est notamment le cas de l’État de New York, qui a intenté un recours contre le gel de deux projets éoliens majeurs : Empire Wind et Sunrise Wind. La procureure générale Letitia James a dénoncé une décision “illégale, arbitraire et capricieuse”, estimant qu’elle menaçait “des milliers d’emplois, des milliards de dollars d’investissement et les efforts pour lutter contre le changement climatique”, appelant à un retour à une approche pragmatique et fondée sur des données scientifiques.
L’avenir de l’éolien offshore américain
La décision de justice rendue en faveur de Revolution Wind pourrait créer un précédent pour d’autres contentieux en cours. Sunrise Wind, également porté par Ørsted, est concerné par une procédure similaire. À la date du 7 janvier 2026, les travaux y étaient réalisés à plus de 45 %. Malgré les freins politiques, le secteur de l’éolien offshore bénéficie encore d’un cadre réglementaire relativement favorable hérité de l’administration Biden, notamment via l’Inflation Reduction Act de 2022, qui accorde des incitations fiscales significatives aux projets de transition énergétique.
Toutefois, cette affaire souligne la fragilité du secteur face à l’instabilité réglementaire. Les incertitudes pesant sur les autorisations, les conditions de financement et les soutiens institutionnels freinent le déploiement d’une énergie considérée par les experts comme indispensable pour atteindre les objectifs climatiques du pays.
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Source: www.greenetvert.fr
