Chiens, chats et autres animaux de compagnie vivent dans nos maisons, partagent parfois une dizaine d’années de nos vies. Dans notre quotidien, ils sont partout. Dans le débat politique, ils restent trop souvent à la marge. À l’approche de 2027, une question mérite pourtant d’être posée : quelle place voulons-nous réellement accorder aux animaux dans notre société ?
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Un être sensible, toujours soumis au régime des biens
En 2015, la France a franchi une étape importante en reconnaissant, à l'article 515-14 du Code civil, que « les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité ». Mais le même article précise que, sous réserve des lois qui les protègent, ils restent soumis au régime des biens. Il ne s'agit pas d'attribuer aux animaux les mêmes droits qu'aux êtres humains. Mais une question demeure : est-il encore cohérent qu'un être vivant dont notre droit reconnaît la sensibilité reste rattaché au régime applicable aux biens ? C'est un débat juridique, mais surtout un débat de société. La France ne manque pas de lois. Elle manque de cohérence et de moyens. Le bien-être animal ne peut pas se résumer à l'adoption de nouveaux textes. Encore faut-il que les règles existantes soient connues, contrôlées et effectivement appliquées. Pourquoi ne pas franchir une nouvelle étape en inscrivant la protection et le bien-être animal dans la Constitution ? Elle ne réglerait pas à elle seule les abandons ou la maltraitance, mais permettrait d'affirmer un principe : la protection animale n'est pas une question secondaire, dépendante des circonstances ou des majorités du moment. Elle relève d'un véritable choix de société. Plusieurs pays européens ont déjà fait ce choix. L'Allemagne protège les animaux dans sa Loi fondamentale depuis 2002, l'Autriche en a fait un objectif constitutionnel et l'Italie a inscrit leur protection dans sa Constitution en 2022. Pourquoi pas la France ?
Commencer par les animaux qui vivent à nos côtés
Cette réflexion doit commencer par ceux qui partagent notre quotidien. Les animaux de compagnie constituent une première étape : leur abandon est visible, leurs propriétaires rencontrent des difficultés concrètes et leur protection répond à une forte attente. Mais cette première marche ne doit pas devenir une frontière : le bien-être animal concerne aussi les animaux d'élevage et tous ceux placés sous la responsabilité de l'être humain. Cela suppose de prévenir les abandons plutôt que d'en gérer les conséquences, d'accompagner les propriétaires en difficulté et de renforcer les contrôles.
En 2027, l'animal ne doit plus être le marronnier de la campagne
À chaque présidentielle, le scénario se répète : une photographie avec un chien ou un chat, quelques déclarations d'amour à la cause animale… puis le sujet disparaît une fois la campagne terminée. Aimer les animaux n'est pas une politique publique. Les Français ont déjà exprimé leurs attentes : 87 % souhaitent que les professionnels intervenant auprès des animaux soient davantage contrôlés, 74 % estiment que le bien-être animal n'est pas suffisamment pris en compte dans la loi actuelle et 77 % se déclarent favorables à l'inscription de la protection et du bien-être animal dans la Constitution. Ces chiffres révèlent surtout une attente : un cadre plus cohérent et une protection qui ne dépende plus de l'émotion ou des promesses de campagne. En 2027, les candidats devront répondre à des questions simples : quel statut pour les animaux de compagnie ? Quelle place pour le bien-être animal dans notre Constitution ? Quels moyens pour prévenir les abandons et lutter contre la maltraitance ? Quels contrôles pour les professionnels ? Les animaux ne votent pas. Mais les millions de Français qui vivent avec eux, voteront. En 2027, il est temps de passer des déclarations aux décisions.
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Source: www.greenetvert.fr
