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1,2 milliard de personnes touchées par une pauvreté extrême
Pour la première fois en seize ans, l’indice mondial de pauvreté multidimensionnelle connaît une hausse. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Initiative d’Oxford sur la pauvreté et le développement humain (OPHI) ont publié leur rapport annuel le 12 octobre 2026. Ce rapport indique qu’environ 1,2 milliard de personnes vivent désormais dans une pauvreté sévère. En seulement un an, 51,5 millions de personnes supplémentaires sont tombées dans cette précarité, un retournement inédit depuis 2010, année de création de cet indice.
Alexander de Croo, administrateur du PNUD, avertit : « La hausse de la pauvreté doit être un signal d'alarme mondial. Derrière ces chiffres se trouvent 1,2 milliard de personnes confrontées à des problèmes comme la faim, la déscolarisation et l'accès limité à l'eau potable et à l'électricité. » En parallèle, un contraste frappant est souligné par une étude de Capgemini, relayée par l'Humanité : environ 25 millions de personnes détiennent un patrimoine cumulé de 98 300 milliards de dollars, un record depuis 2018.
Les enfants, premières victimes de la pauvreté
Les données révèlent une situation particulièrement alarmante : plus de la moitié des personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des enfants. Environ 617 millions de mineurs, soit 51,5 % des 1,2 milliard concernés, souffrent quotidiennement de privations multiples, telles que la faim chronique, la déscolarisation et le manque d'accès à l'eau et à l'électricité, compromettant leur développement futur. La situation mondiale de l'eau, mise en évidence par la diminution inquiétante des réserves, aggrave les défis liés à l’accès aux ressources essentielles.
La pauvreté multidimensionnelle définie par l'ONU ne se limite pas au revenu. Elle englobe des indicateurs concrets comme la qualité du logement, l'accès à l'électricité, l'alimentation et l'éducation. Accumuler plusieurs de ces privations plonge les individus dans une vulnérabilité extrême dont il est difficile de sortir.
Impact de la croissance démographique
Le PNUD et l'OPHI soulignent que la croissance démographique joue un rôle important dans l'augmentation de la pauvreté. Avec une population mondiale atteignant environ 7,8 milliards, dont un quart a moins de 15 ans, la pression sur les ressources et les systèmes de protection sociale s'accentue. De plus, une limite méthodologique persiste, car seules 13 des 108 pays ont fourni de nouvelles données pour le rapport, rendant difficile une analyse précise de la pauvreté mondiale.
Les disparités géographiques sont importantes. L'extrême pauvreté touche principalement les zones rurales, où vivent 83,3 % des pauvres. L'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud restent les régions les plus touchées, avec une croissance démographique rapide et des infrastructures insuffisantes. Les catastrophes climatiques exacerbées par le réchauffement compliquent encore la situation.
Des progrès nationaux notables
Malgré la tendance mondiale préoccupante, le rapport note des progrès dans certains pays. Au cours des quinze dernières années, 33 pays ont réduit de moitié la proportion de leur population vivant dans la pauvreté multidimensionnelle. Parmi eux, six pays d'Afrique subsaharienne, dont l'Eswatini, où le taux est passé de 38,7 % à 8 % en quinze ans.
Les progrès les plus rapides ont été réalisés en Asie, notamment en Chine et au Vietnam, grâce à des politiques de développement des infrastructures, d'accès à l'éducation et de protection sociale. Alexander de Croo souligne : « Le progrès est possible. Les pays qui ont relevé ces défis ensemble ont montré ce qu'une action déterminée peut accomplir. »
La précarité alimentaire s'étend également aux pays développés
La pauvreté ne se limite pas aux pays en développement. En France, un rapport d'Action contre la Faim indique que 7 millions d’adultes manquent de nourriture, soit 13 % de la population adulte, un chiffre qui grimpe à 25 % chez les jeunes de 18 à 24 ans. Cette précarité alimentaire touche non seulement les étudiants, mais aussi les jeunes actifs en quête d’emploi stable, selon l’association humanitaire.
Ces données soulignent la progression de la pauvreté dans les économies développées, remettant en question l'efficacité des systèmes de protection sociale d'après-guerre. L'inflation, la précarisation de l'emploi et l'insuffisance des politiques redistributives sont des facteurs qui créent de nouvelles vulnérabilités, même dans des pays à haut niveau de développement.
Un appel à l'action collective
Face à cette situation inédite, les organisations internationales appellent à une mobilisation mondiale. Alexander de Croo du PNUD insiste : « Les progrès sont possibles. Les pays qui ont relevé ces défis ensemble ont montré ce que des actions résolues peuvent accomplir. » Le message repose sur des exemples concrets de pays ayant réussi à renverser la tendance.
Les prochaines années seront cruciales. Alors que la population mondiale vieillit et que les systèmes de retraite des pays développés montrent leurs limites, la question du soutien aux personnes âgées et vulnérables devient de plus en plus pressante. Les pays en développement devront, dans quelques décennies, relever des défis similaires à ceux des économies occidentales, avec un rapport actifs/inactifs de plus en plus déséquilibré.
L'augmentation de 51,5 millions de personnes en situation de pauvreté en une année est un avertissement que les dirigeants ne peuvent ignorer. Dans un monde interconnecté, où un incident dans le canal de Suez peut perturber une grande partie du trafic maritime mondial, seule une coopération internationale renforcée peut efficacement lutter contre la pauvreté. Des exemples de succès existent, prouvant qu'avec une volonté politique affirmée et des ressources adéquates, il est possible de briser le cercle vicieux de la précarité multidimensionnelle. Reste à savoir si la communauté internationale saura tirer les leçons de ce retournement de tendance, ou si elle laissera les inégalités s'aggraver, menaçant la stabilité sociale et politique de nombreuses régions.
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Source: www.greenetvert.fr
