Du 1er au 4 janvier 2026, la Société botanique de Grande-Bretagne et d’Irlande (BSBI) a publié les résultats d’une enquête annuelle menée pendant la période du Nouvel An. Alors que les spécialistes s’attendaient à repérer une dizaine de plantes en fleurs au cœur de l’hiver, ce sont 310 espèces locales qui ont été identifiées en floraison à travers le Royaume-Uni. Ces résultats, corroborés par le Met Office britannique, posent une question essentielle : comment les plantes réagissent-elles à l’élévation des températures ?
Table des matières
Des floraisons hivernales en forte hausse au Royaume-Uni
Traditionnellement, le Nouvel An s'accompagne de paysages dépouillés, marqués par le gel et l’inertie végétale. Pourtant, la dernière édition du New Year Plant Hunt, opération coordonnée par la BSBI, a révélé une réalité en rupture totale avec les standards saisonniers. Ce programme de science participative a permis decomptabiliser 310 espèces de plantes locales en fleurs, contre une dizaine habituellement attendue à cette même période, selon le Met Office, dans un communiqué daté du 2 janvier 2026.
Ce chiffre est d’autant plus marquant qu’il exclut les plantes exotiques ou naturalisées. Lorsque celles-ci sont intégrées à l’analyse, le total atteint 646 espèces florifères repérées en plein hiver. Des espèces introduites telles que la vergerette du Mexique ou les lamiers blanc et rouge y figurent en bonne place. Le contraste entre les prévisions et les observations constitue un indicateur aussi spectaculaire qu’inquiétant des perturbations en cours.
Un lien direct avec les températures moyennes hivernales
Les chercheurs ont mis en lumière un rapport statistique clair entre la hausse des températures et l'augmentation du nombre de plantes fleuries en hiver. D’après les analyses du Met Office,chaque degré Celsius supplémentaire sur la température moyenne des mois de novembre et décembre correspond à 2,5 espèces de plus observées en fleurs durant la période du Nouvel An.
Ces données reposent sur une décennie d’observations citoyennes, de 2016 à 2025. Kevin Walker, responsable scientifique de la BSBI, a ainsi souligné : « Cette nouvelle analyse montre un lien très clair entre la hausse des températures et les impacts sur nos espèces végétales.C’est une preuve supplémentaire que le changement climatique affecte notre faune et notre flore sans distinction. » Cette corrélation rigoureuse entre températures et floraisons précoces transforme les plantes en véritables baromètres du changement climatique. Ces floraisons hors saison ne sont donc plus des anomalies anecdotiques, mais des manifestations récurrentes d’un bouleversement climatique global.
Une alerte visible dans les jardins et les quartiers
Au-delà des chiffres, ce phénomène se donne à voir au quotidien. Selon Debbie Hemming, climatologue au Met Office, « ces découvertes soulignent comment la hausse des températures et la multiplication des événements climatiques extrêmes modifient les cycles naturels de nos plantes et de notre faune ». Elle affirme également que cela constitue une « preuve tangible que le changement climatique influence directement le monde qui nous entoure ». Dans cette perspective, les plantes deviennent les premiers témoins visibles des dérèglements climatiques.
Pâquerettes, pissenlits ou séneçons en fleurs au cœur de janvier ne sont plus de simples curiosités. Ils sont le signal que les cycles biologiques traditionnels sont en train de céder sous la pression des températures anormalement douces. Ce dérèglement n’est pas uniquement observable à l’échelle nationale. Il est perceptible à l’échelle locale, dans les jardins, les trottoirs ou les parcs urbains. « C’est un signe visible que chacun peut constater dans son propre jardin et son quartier », rappelle Kevin Walker dans le même communiqué du Met Office.
Le rôle-clé de la science participative dans la surveillance écologique
Le New Year Plant Hunt, événement organisé chaque année entre le 1er et le 4 janvier, repose sur un réseau dense d’observateurs bénévoles – amateurs ou experts – qui recensent les plantes en fleurs sur le terrain. Grâce à ces milliers de contributions, les scientifiques disposent d’un ensemble cohérent de données permettant de détecter des tendances à long terme. L’initiative est portée par la Botanical Society of Britain and Ireland (BSBI), en partenariat avec le Met Office. Ces données viennent ainsi compléter les mesures satellitaires ou météorologiques classiques, en apportant une lecture directe et biologique des effets du changement climatique.
En mobilisant le grand public autour de l’observation des fleurs sauvages, l’opération renforce également la prise de conscience citoyenne des enjeux environnementaux. Car constater une plante en fleurs un 2 janvier est une expérience bien plus marquante qu’un graphique statistique.
Cet article Nouvel An en fleurs : 310 plantes recensées au cœur de l’hiver, un record révélateur du dérèglement climatique est apparu en premier sur Green et Vert.
Source: www.greenetvert.fr
