L’épave repose à environ 60 à 61 mètres de profondeur. Les opérations de colmatage en sont rendues complexes, dépendantes des conditions de mer et du temps d’intervention limité des plongeurs. Des robots sous-marins ont été mobilisés pour localiser les points de fuite, tandis que des dispositifs de confinement ont été déployés en surface.
Les autorités ont évoqué un rejet initial d’environ 1 700 litres d’hydrocarbures. Toutefois, le navire transportait également près de 98 tonnes de fioul lourd et 32 tonnes de diesel marin, ce qui explique la vigilance accrue des équipes techniques. À bord figuraient 297 conteneurs, dont 14 classés comme contenant des marchandises dangereuses. Aucune dispersion chimique liée à ces cargaisons n’a été formellement constatée en surface à ce stade.
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Une marée noire qui progresse vers les écosystèmes côtiers
Depuis la mi-février, des « tar balls » et des nappes fragmentées se sont échouées sur plusieurs plages du sud de Phuket et sur des îles proches, notamment Koh Hey et Koh Racha. Dans certains secteurs, les résidus couvrent 80 à 100 mètres de rivage. Ailleurs, jusqu’à 900 mètres de plage ont été signalés comme touchés.
En mer, la nappe aurait atteint jusqu’à 7 kilomètres de long et 1,5 kilomètre de large à son extension maximale. Ces dimensions augmentent la probabilité d’interaction avec les habitats benthiques, en particulier les récifs frangeants et les herbiers de phanérogames marines.
Les récifs coralliens de la région jouent un rôle écologique déterminant : nurseries pour de nombreuses espèces, barrière naturelle contre l’érosion et pilier de la biodiversité tropicale. Les hydrocarbures peuvent perturber la photosynthèse des zooxanthelles, fragiliser les tissus coralliens et accroître la mortalité larvaire. Les herbiers, quant à eux, sont sensibles à l’enfouissement de particules huileuses dans les sédiments.
Un responsable politique local a qualifié la situation de « très inquiétante », estimant que la pollution représentait une menace directe pour la vie marine et les récifs côtiers. Cette déclaration reflète une préoccupation partagée par les biologistes marins de la région.
Facteurs hydrodynamiques et dispersion de la pollution
La dérive de la marée noire dépend étroitement des vents dominants et des courants de surface. Les vents d’ouest ont contribué à pousser les nappes vers des zones touristiques, accélérant leur échouage. Une petite nappe noire a été détectée à environ trois milles nautiques du cap de Laem Phromthep, déclenchant un renforcement des dispositifs de surveillance.
Un centre de commandement coordonne la réponse. Des barrages flottants ont été installés pour limiter la propagation, tandis que des équipes procèdent au ramassage manuel des résidus. L’appui d’experts internationaux spécialisés dans la lutte contre les pollutions maritimes a été sollicité afin d’optimiser la modélisation de la dérive et les stratégies de confinement.
La profondeur de l’épave constitue un facteur aggravant. À 60 mètres, la pression et la visibilité réduite compliquent l’obturation durable des fuites. De surcroît, toute variation de houle peut remettre en suspension des hydrocarbures piégés.
Une pression récurrente sur les littoraux thaïlandais
La Thaïlande a recensé environ130 incidents de pollution pétrolière dans 23 provinces entre 2017 et 2021. Ces chiffres soulignent la récurrence du risque dans un pays dont l’économie maritime repose à la fois sur le transport, la pêche et le tourisme.
À Phuket, l’enjeu environnemental est indissociable d’une dimension socio-économique. Les récifs coralliens soutiennent l’activité de plongée et d’écotourisme. Une dégradation durable pourrait affecter les services écosystémiques fournis par ces milieux : protection côtière, biodiversité, attractivité.
Pour l’instant, les autorités affirment qu’aucun danger immédiat ne menace la population si les zones touchées sont évitées. Cependant, la surveillance se poursuit afin d’évaluer les impacts différés, notamment sur la faune benthique et les larves coralliennes.
L’évolution des courants et des vents dans les prochains jours sera déterminante. La capacité à contenir la marée noire au large de Phuket dépendra autant des moyens techniques mobilisés que des conditions océanographiques.
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Source: www.greenetvert.fr
