Les jardins partagés, les épiceries coopératives ou l’entraide pour se loger ou se déplacer sont le quotidien des plus pauvres en France et ailleurs… et ces pratiques sont écologiques ! Les écologies populaires sont invisibilisées mais nous leur donnons la parole…
Pourquoi est-ce que ceux qui subissent en premier les conséquences de la dégradation de l’environnement comme la pollution de l’air, des logements mal isolés, une alimentation mauvaise pour la santé ou des moyens de transports inaccessibles ne se sentent pas concernés quand on parle d’écologie ? Est-ce le mot qui pose problème ou la manière d’en parler ? Je plaide pour la seconde option. Le discours écologique dominant largement relayé par les médias s’adresse aux urbains, aux classes moyennes et supérieures avec des injonctions comme: acheter une voiture électrique, isoler votre logement, manger bio et en circuit court. Ce sont des gestes vertueux mais qui, dans le monde, a réellement accès à ces choix de vie ? Une minorité. Et c’est peut-être de là que naît le rejet.
Alors oui, l’écologie c’est une affaire de riches dans le sens où ce sont le plus fortunés qui ont les modes de vie les plus polluants. Mais c’est surtout une manière lucide de regarder le monde : les ressources de cette planète ne sont pas infinies et nous devons ajuster nos façons de vivre à ses limites. Et sous cet angle, un fait saute aux yeux : la majorité de la population mondiale vit déjà, au quotidien, avec des ressources comptées. Derrière ce que l'on appelle trop vite la « débrouille », se cachent de véritables stratégies sobres, ingénieuses, résilientes écologiques sans le savoir, ou sans se le dire.
Ces écologies populaires restent pourtant invisibles. Non par hasard : ce ne sont pas ces vies-là qu'on interroge dans les médias, ce ne sont pas ces voix-là qu'on invite à la table des experts. Et c'est une perte immense car ces pratiques sont une source d'inspiration considérable pour penser la transition à venir…
Avec
– Oumayma Bouabid, formatrice au sein de l’association Banlieue Climat pour son livre Suffit-il de vouloir pour pouvoir ? paru chez Alt/La Martinière jeunesse
– Miko Kontente, conférencier essayiste, spécialiste en écologie populaire. Fondateur d’Enjeux de société
– Pierre Sersiron, doctorant en urbanisme à l’Université de Rennes 2. Il travaille, à travers une recherche doctorale participative, sur les écologies populaires et les écologies ordinaires en quartiers populaires en France métropolitaine.
Musiques diffusées dans l'émission
Patti Smith – People Have The Power
ALA.NI – Middle of nowhere.
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Source: www.rfi.fr/fr/podcasts/cest-pas-du-vent
