La France investit 500 millions d’euros dans Eramet pour la production de métaux essentiels à la transition énergétique, malgré la pollution associée à leur extraction. Annoncée par l’Élysée le 12 octobre 2026, cette initiative fera de l’État le principal actionnaire du groupe minier, avec une participation passant de 27% à près de 50% d’ici fin 2026. Eramet fait face à une perte nette de 477 millions d’euros en 2025 et à un endettement préoccupant.
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Les métaux verts et l'industrie polluante : un paradoxe
Eramet produit du manganèse, du nickel et du lithium, indispensables à la fabrication des batteries vertes. Ces matériaux sont cruciaux pour la transition énergétique en Europe, permettant la fabrication de batteries pour véhicules électriques et systèmes de stockage d'énergie. La France cherche ainsi à sécuriser son approvisionnement face à la domination chinoise dans le raffinage du lithium.
Pourtant, l'extraction de ces métaux a un impact environnemental considérable. En Nouvelle-Calédonie, l'exploitation du nickel par la filiale SLN d'Eramet détruit la biodiversité et pollue les cours d'eau. En Argentine, l'extraction du lithium assèche les ressources en eau dans des régions arides, tandis que l'exploitation du manganèse au Gabon laisse des paysages dévastés et expose les populations locales aux pollutions. Malgré les engagements RSE d'Eramet, les ONG dénoncent l'insuffisance des normes appliquées.
Le soutien de l'État français à Eramet face aux enjeux écologiques
La priorité de l'État reflète une volonté de souveraineté industrielle face aux préoccupations environnementales immédiates. La dépendance aux métaux critiques de la Chine inquiète le gouvernement. Christel Bories, PDG d'Eramet, considère cet accord comme essentiel pour rétablir l'équilibre financier du groupe. L'Agence des participations de l'État dirigera l'augmentation de capital de fin octobre à fin 2026.
Le soutien financier de 500 millions d'euros s'inscrit dans une stratégie visant à privilégier les mines sous contrôle français, réputées pour des normes environnementales plus strictes que celles de pays comme la Chine ou la Russie. Toutefois, l'action Eramet a chuté de plus de 14% à la Bourse de Paris le 13 octobre 2026, indiquant des doutes sur la rentabilité à court terme malgré le soutien étatique.
Engagement environnemental et RSE : les promesses d'Eramet
Avec l'État comme actionnaire majoritaire, des exigences environnementales strictes sont attendues. Les associations écologistes demandent des audits indépendants des sites d'exploitation et des engagements mesurables de réduction d'empreinte écologique. Eramet, impliqué dans plusieurs scandales passés, devra renforcer sa crédibilité en matière de RSE sous la surveillance des ONG et des citoyens.
Les observateurs espèrent que l'État publiera des rapports d'impact environnemental annuels. La famille Duval, précédemment majoritaire, n'avait pas priorisé la transparence environnementale, mais l'intervention publique pourrait changer cela. Cependant, il existe un risque que l'État privilégie les impératifs industriels à court terme sur la durabilité.
Vers une économie circulaire : quelles alternatives ?
Le recyclage des batteries usagées pourrait réduire la dépendance à l'extraction primaire. L'Union européenne vise un taux de recyclage du lithium de 70% d'ici 2030, mais les technologies actuelles peinent à atteindre 50%. Eramet développe un procédé prometteur pour récupérer jusqu'à 95% des métaux des batteries. Toutefois, le recyclage seul ne suffira pas avant 2035-2040 à répondre à la demande croissante en métaux neufs, nécessitant une extraction continue à court terme. L'État espère une transition progressive vers une économie circulaire des métaux critiques, en équilibrant les enjeux environnementaux et industriels.
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Source: www.greenetvert.fr
