Environnement : quand les artistes célèbrent la nature
Le vivant a toujours fasciné le monde de l’art : faune, flore, écosystèmes… Les artistes du monde entier jouent un rôle majeur dans la politisation de l'écologie et de la crise climatique. Zoom sur quatre d’entre eux :
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La pionnière Ágnes Dènes
Véritable avant-gardiste, Ágnes Dènes est une pionnière du Land art, un courant contemporain utilisant le cadre et les matériaux qu’offrent la nature. L’artiste hongroise inscrit ses travaux dans un mélange complexe et interdisciplinaire. Poésie, histoire de l’art, sciences humaines… Elle modifie en profondeur l’environnement, urbain et naturel, avec des dispositifs à grande échelle. L’oeuvre majeure Wheatfield – A Confrontation (« Champ de blé – une confrontation ») a marqué les esprits par son caractère dissonant.
En 1982, Ágnes Dènes cultive un champ de blé sur la décharge vide de Battery Park, en plein Manhattan ! Lors d’une interview pour le média Studio International, elle explique qu’elle avait été invitée à créer une sculpture. Mais elle « a décidé que nous avions assez de sculptures publiques, assez d’hommes assis sur des chevaux ». Résultat : des photos qui semblent irréelles dans lesquelles symboles urbains et ruraux se font face.
Agnes Denes, Wheatfield – A Confrontation, Downtown Manhattan – The Harvest, 1982.
© Agnes Denes, Leslie Tonkonow Artworks et Projects, New York.
Le sculpteur Andy Goldsworthy
Photographe, sculpteur et écologiste, Andy Goldsworthy est également une référence dans le domaine du Land art. Plutôt que de retravailler des matériaux bruts, il n’intervient pas sur eux. À partir de pierres, de neige ou de bois, il travaille en communion avec la nature. L’artiste est également perçu comme l’un des fondateurs de la tendance de l’équilibre des roches, un art et un loisir qui consiste à empiler des pierres. Ses oeuvres sont souvent de petite envergure et éphémères, ce qui ramène au temps qui passe et au vieillissement.
C’est notamment le thème qu’aborde l’un de ses travaux les plus populaires : Feuilles de sorbier autour d’un trou. Cette oeuvre est à la fois marquée par la simplicité, mais aussi par la minutie. Qui aurait pu imaginer qu’un trou entouré par des feuilles puisse autant nous toucher ? Goldsworthy utilise l’âge biologique de ces éléments pour créer un dégradé.
Feuilles de sorbier autour d’un trou, 1987.@ Andy Goldsworthy
L'interdisciplinaire Jenny Kendler
Artiste américaine engagée, Jenny Kendler porte l'envie de rétablir les liens entre l'humanité et la nature. À travers son art, elle aborde le déclin de la biodiversité, le dérèglement climatique et la destruction des écosystèmes. Elle collabore régulièrement avec des scientifiques et des fondations pour mettre en lumière les problématiques contemporaines en matière d’environnement.
En 2018, elle crée la troublante Birds Watching, ou « Observation des oiseaux ». Construite comme un panneau de signalisation, cette grande structure réfléchit la lumière en pleine nuit. D’une longueur de 12 mètres, le résultat est époustouflant avec les yeux de dizaines d’oiseaux. Chaque oeil représente une espèce menacée qui pourrait disparaître d’ici 2050. Selon l’artiste, l’oeuvre « met en évidence la responsabilité des êtres humains de vivre harmonieusement au sein d’un écosystème plus large ».
Birds Watching – Panneau réfléchissant imprimé et monté sur cadre en aluminium sur acier.@ Jenny Kendler
Le maximaliste Olafur Eliasson
C'est une référence dans le milieu des artistes engagés pour l'écologie. Olafur Eliasson explore la relation entre nature et technologie. Température, odeurs, air… Les œuvres de l'artiste originaire de Copenhague nous marquent en usant de nos sens. Son studio berlinois est à mi-chemin entre l'art, la recherche et l'expérimentation. Son travail le plus mémorable parmi ses nombreuses expositions reste The Weather Project, ou « Le Projet Météorologique ».
Retour en 2003 à la Tate Modern de Londres où près de deux millions de personnes ont pu s'extasier devant l'œuvre. Composée d’un demi-disque accroché au plafond d'une quinzaine de mètres de diamètre, un grand miroir recouvrant tout le plafond et de nombreuses lampes, l'exposition plonge les curieux dans une ambiance particulière. L'artiste recrée un élément naturel qui parle à tout le monde : le soleil. À travers cette œuvre, Eliasson invite le public à questionner sa perception des éléments et la représentation des phénomènes naturels.
The weather project, 2003 Tate Modern, London, 2003.© Olafur Eliasson, photo : Andrew Dunkley & Marcus Leith
Source: www.linfodurable.fr
