En Suisse, un ambitieux « fonds climat » soumis au vote de la population
"L'initiative pour un fonds climat" avait été lancée en 2022 par le Parti socialiste suisse et les Vert-e-s en vertu du système de démocratie directe suisse, qui permet de soumettre pratiquement n’importe quelle question à la « votation populaire » après avoir obtenu 100 000 signatures dans un délai de 18 mois.
Le texte réclame que l’État helvète crée un fonds qu’il alimentera chaque année à hauteur de 0,5 à 1 % du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse, soit de 4 à 8 milliards de francs environ (de 4,4 à 8,8 milliards d’euros).
Le but est notamment "de soutenir la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation économe et efficace de l’énergie ainsi que le développement des énergies renouvelables« , indiquent ses promoteurs.
En substance, socialistes et écologistes affirment que l'inaction coûterait bien plus cher, car elle augmenterait le risque de catastrophes naturelles.
"Aujourd'hui, on dépense 8 milliards par an à l'étranger, dans des pays plus ou moins autocratiques, pour faire venir des énergies fossiles", argumentait récemment à la Radio-télévision suisse la présidente des Vert-e-s, Lisa Mazzone.
"Un fonds climat permettrait non seulement d'accélérer la transition, mais aussi de créer des emplois et de maintenir la valeur ajoutée sur le territoire national », estimait l’écologiste.
Mais le Conseil fédéral (gouvernement) et le Parlement ont recommandé de rejeter l'initiative, rappelant que la Confédération dépensait déjà chaque année environ 2 milliards de francs – sur un budget d'environ 90 milliards – pour la protection du climat, et estimant que ce fonds "grèverait trop lourdement les finances fédérales".
Avant le vote des quelque 5,6 millions d'électeurs, le dernier sondage de gfs.bern révèle que 52 % des personnes interrogées y sont résolument opposées. Le pourcentage d'opposants s'élève même à 62% dans un autre sondage Tamedia/Leewas.
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Les électeurs suisses sont directement consultés à intervalles réguliers sur un large éventail de sujets, aux niveaux fédéral, cantonal ou municipal.
Dimanche, une autre initiative visant à inscrire dans la Constitution la garantie du maintien des paiements en espèces (pièces et billets) a de grandes chances d'être validée, si on en croit les sondages.
En revanche, l'initiative "200 francs, ça suffit !" qui demande de réduire la redevance radio-télévision à 200 francs par an (au lieu de 335 francs) et d'exonérer les entreprises semble avoir peu de chances d'aboutir. Le Conseil fédéral y est opposé, soucieux de "garantir le service public dans toutes les régions linguistiques".
Enfin, le suspense demeure pour la validation par référendum d'une réforme fédérale prévoyant d'imposer séparément les revenus des personnes mariées, abolissant tant la pénalisation que le bonus du mariage selon les cas.
Avec AFP.
Source: www.linfodurable.fr
