L’Agence de la transition écologique a publié une nouvelle photographie des déchets ménagers en France métropolitaine. Cette étude fouillée met en lumière une baisse mesurable des volumes collectés, mais aussi les limites persistantes du tri. À travers l’analyse fine du contenu des sacs noirs, l’Ademe dresse un diagnostic précis. Les déchets diminuent, néanmoins leur composition révèle des marges de progression substantielles.
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Déchets : une poubelle grise qui s’allège, un tri qui progresse
En 2023, près de 37 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés ont été collectées par le service public en France métropolitaine, selon l’Ademe, dans son communiqué du 19 décembre 2025. Ce chiffre massif, toutefois, masque une évolution significative. En effet, les ordures ménagères résiduelles, c’est-à-dire les déchets déposés dans la poubelle grise, représentent désormais 14,7 millions de tonnes. Rapporté à la population, cela correspond à 223,5 kilogrammes par habitant et par an en 2023, contre 252,7 kilogrammes en 2017, toujours selon l’Ademe, le 19 décembre 2025.
La masse de déchets résiduels par habitant recule. Depuis 1993, la baisse atteint près d’un tiers. Cette diminution traduit à la fois une évolution des comportements et l’essor des dispositifs de tri. D’ailleurs, Roland Marion, directeur Économie Circulaire de l’Ademe, souligne l’importance de cette analyse en déclarant : « MODECOM® fournit aux collectivités, aux éco-organismes et aux acteurs publics une photographie indispensable pour piloter les politiques de prévention, de tri et de valorisation des déchets. » Ainsi, la lecture des déchets devient un instrument stratégique pour ajuster les politiques publiques.
Déchets encore mal orientés : sept sur dix pourraient être triés
Pourtant, derrière cette amélioration, la composition des déchets résiduels révèle un constat plus nuancé. Près de sept déchets sur dix retrouvés dans la poubelle grise auraient pu être triés ou valorisés autrement, selon l’Ademe, le 19 décembre 2025. Cette proportion élevée montre que, malgré les progrès du tri, une majorité des flux déposés dans les sacs noirs relève en réalité d’autres filières.
En particulier, les biodéchets et les emballages occupent une place centrale dans cette analyse. La quantité de biodéchets présente dans les poubelles grises a diminué de 10 %, tandis que les papiers et emballages ont reculé de 17 %. Ces baisses attestent d’un effort réel de tri. Cependant, la persistance d’importants volumes mal orientés souligne un décalage entre les consignes et leur application concrète. En outre, la généralisation progressive des solutions de collecte des biodéchets, entrée en vigueur au 1er janvier 2024, n’a pas encore produit tous ses effets mesurables dans les statistiques 2023.
Ainsi, les déchets alimentaires, épluchures et restes de repas continuent d’alimenter les ordures résiduelles alors qu’ils pourraient rejoindre des filières de compostage ou de méthanisation. De même,des emballages recyclables se retrouvent encore dans la poubelle grise. Ce décalage révèle non seulement des habitudes ancrées, mais également des disparités territoriales dans l’accès aux équipements de tri. Par conséquent, la performance globale dépend autant des infrastructures que des comportements individuels.
Déchets : comment les nouvelles filières transforment le tri
La baisse des déchets résiduels s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation du modèle économique. En effet, l’économie circulaire vise à réduire la production de déchets à la source, à prolonger la durée de vie des produits et à maximiser leur valorisation. Dans cette perspective, l’analyse MODECOM de l’Ademe joue un rôle structurant. Elle permet d’identifier précisément la nature des déchets restants, et donc d’adapter les politiques de prévention.
Cependant, la transition demeure progressive. Si les déchets résiduels diminuent, le volume global collecté reste considérable. Les 37 millions de tonnes recensées en 2023 rappellent l’ampleur du défi. Par ailleurs, la baisse des ordures ménagères résiduelles par habitant, de 252,7 kilogrammes en 2017 à 223,5 kilogrammes en 2023, traduit un infléchissement, mais non une rupture radicale. Dès lors, la réduction des déchets dépendra autant de l’amélioration du tri que de la modification des modes de consommation.
L’étude publiée le 19 décembre 2025 souligne une réalité contrastée. D’un côté, les déchets résiduels reculent et certaines fractions, comme les biodéchets ou les emballages, diminuent dans la poubelle grise. De l’autre, près de sept déchets sur dix pourraient encore être orientés vers une filière adaptée. Entre progrès mesurables et marges d’amélioration substantielles, la gestion des déchets en France se trouve à un tournant où l’enjeu n’est plus seulement de trier davantage, mais de produire moins.
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Source: www.greenetvert.fr
