Coup de frein dans l’électrique : pourquoi Stellantis plombe ses comptes 2025
Devant les ventes décevantes de voitures électriques, surtout aux États-Unis, les plus grands constructeurs américains ou présents aux États-Unis ont passé des charges et dépréciations d’actifs de plus de 50 milliards d'euros au total. Ainsi, Ford a annoncé des charges de 19,5 milliards de dollars, Général Motors de 7 milliards de dollars, Volskwagen, à cause de sa filiale Porsche, de 3 milliards d’euros et Stellantis, très implanté aux États-Unis, un record de 22 milliards d’euros. Avec à la clé, mathématiquement, de gros déficits annuels.
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Pourquoi une telle concentration sur 2025 ?
« Passer toutes ces charges sur l’année relève d’abord d’une obligation comptable: pour toute décision prise pendant l’année », explique Maud Bodin-Veraldi, présidente de la Compagnie des Conseils et Experts financiers, « son impact doit être intégralement répercuté dans les comptes de l’année ». En cas de décision de cession d’actifs ou de fermeture d'usine, par exemple, une entreprise doit constater leur variation de valeur, ce qui conduit le plus souvent à une dépréciation et donc agit négativement sur le résultat, explique l’experte.
Quel avantage pour l'entreprise ?
Ce "nettoyage des comptes" aura pour conséquence d’afficher des bénéfices les années suivantes – à condition que les activités conservées soient bénéficiaires. « Il s’agit de dépréciations, pas de dépenses. Les coûts seront décaissés plus tard, au moment des restructurations. Ces dépenses seront alors comptabilisées comme une charge, mais seront compensées par une reprise de provision« , souligne l’experte. Autrement dit, puiser dans la charge de 2025 permettra de ne pas pénaliser les années suivantes, si l’estimation des coûts est fiable. « C’est une stratégie souvent rencontrée en cas de changement de dirigeant, car c’est dire +c’était la faute de mon prédécesseur+ », souligne-t-elle.
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Pourquoi réduire une production génère une charge ?
Plusieurs constructeurs ont annoncé renoncer à des modèles électriques prévus ou relancer des modèles thermiques. La modification de leur plan de production peut coûter cher en réduction d’effectifs, via des indemnités de licenciement, par exemple, et le coût est encore supérieur s’il faut modifier ou fermer un outil de production. « Ces charges sont la traduction comptable d'un plan stratégique« , résume Maud Bodin-Veraldi.
Pourquoi ces charges entraînent-elles un déficit ?
Les règles comptables internationales, qui s'appliquent en France depuis 2005 pour tout groupe coté, stipulent qu'une restructuration fait partie de la vie courante des entreprises. Les entreprises doivent donc inscrire leur impact au niveau du résultat d'exploitation, ce même si un groupe communique sur le caractère "exceptionnel" des montants. Auparavant, ces charges pouvaient être comptabilisées comme exceptionnelles.
Avec AFP.
Source: www.linfodurable.fr
