COP30 : Un sommet sous haute tension dans un contexte politique « particulièrement complexe »
Les préparatifs de la COP30, prévue en novembre à Belém, au Brésil, s’intensifient. Dans cette perspective, le diplomate André Corrêa do Lago participe ces 25 et 26 mars au Dialogue de Petersberg, une rencontre organisée à Berlin pour faire avancer les négociations climatiques. Profitant de ce déplacement, il a également fait un bref passage en France, où il a partagé sa vision des enjeux à venir avec Les Échos.
L’occasion pour lui de revenir sur le contexte géopolitique particulièrement complexe qui pèse sur cette édition. Si les COP ont toujours dû composer avec des tensions géopolitiques, cette édition s’annonce « particulièrement complexe ». Selon lui, « les décisions américaines, mais aussi la guerre en Ukraine et les discussions sur la défense européenne » compliquent les négociations climatiques.
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Le défi du financement Nord-Sud
L’un des dossiers brûlants de la COP30 sera le financement de la transition écologique dans les pays en développement. Lors de la COP29 à Bakou, les discussions sur ce sujet n’avaient pas permis de répondre aux attentes. Or, le besoin est immense : « comment passer des 300 milliards négociés à la COP29 aux 1 300 milliards qui sont nécessaires ? », s’interroge le président de la COP30.
Mais le financement ne sera pas la seule priorité. "L’adaptation au changement climatique » et la nécessité d’une « transition juste » figureront également au cœur des discussions. Pour André Corrêa do Lago, il est essentiel que les négociations ne restent pas déconnectées des populations : « Les négociateurs ont eu trop tendance ces dernières années à se couper du public, il faut être beaucoup plus transparent, plus clair sur ce que peuvent être les conséquences positives de ces négociations. »
Nous avons déjà reçu des messages très clairs de plusieurs États américains, qui représentent une part élevée du PIB du pays, et qui veulent continuer à suivre les règles de l'accord de Paris. Même chose pour de très grosses compagnies américaines.
Un espoir malgré le retrait américain de l’Accord de Paris
Autre point crucial des discussions : le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, qui a constitué un coup dur pour la coopération internationale sur le climat. André Corrêa do Lago ne minimise pas l’impact de cette décision, qu’il décrit comme étant « indiscutablement un problème important ».
Toutefois, il veut croire en la capacité de certains acteurs à maintenir un cap ambitieux outre-Atlantique. "Nous avons déjà reçu des messages très clairs de plusieurs États américains, qui représentent une part élevée du PIB du pays, et qui veulent continuer à suivre les règles de l’accord de Paris. Même chose pour de très grosses compagnies américaines. »
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Le Brésil face au défi des énergies fossiles
Enfin, alors que la sortie progressive des énergies fossiles a été actée lors de la COP28 à Dubaï, le Brésil, hôte de la COP30, demeure un acteur majeur de la production pétrolière. Un paradoxe que le diplomate brésilien n’hésite pas à confronter. "Le Brésil a des solutions extraordinaires pour relever certains défis, mais il est vrai que pour certains secteurs, cette transition pose des difficultés. Pour le ministère des Finances et la Banque centrale brésilienne, la lutte contre le réchauffement climatique représente toutefois davantage une opportunité qu’une menace. »
Source: www.linfodurable.fr