Licenciements aux Etats-Unis : quel impact pour la recherche sur la crise climatique ?
Le DOGE continue de licencier à tour de bras aux États-Unis. Le Departement of Government Efficiency, ou département de l’efficacité gouvernementale, est le tout nouvel organe du gouvernement américain créé par Donald Trump et géré par Elon Musk. Le milliardaire a expliqué que son but était d’ »économiser l’argent du contribuable et de réduire la dette nationale américaine », qui s’élève à 36 000 milliards de dollars.
Pour atteindre ses objectifs, Musk n’a pas hésité à procéder à des milliers de licenciements au sein des agences gouvernementales. Le cabinet de replacement Challenger, Gray & Christmas a dévoilé les chiffres des licenciements du mois de février aux États-Unis.
172 017 emplois ont été supprimés le mois dernier dans le pays, dont 62 242 dans les dix-sept agences fédérales. Un chiffre au plus haut depuis 2009.
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Les organismes de recherche en première ligne
Les agences scientifiques et environnementales sont les plus touchées. La NASA est celle qui s’en sort le mieux, avec seulement 23 licenciements. La chercheuse Katherine Calvin fait toutefois partie des profils concernés. Scientifique en cheffe de l’agence, elle est également coprésidente du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, dont le but est de synthétiser les études sur les effets du changement climatique.
Le National Institutes of Health (NIH), qui gère le domaine de la santé, a perdu 1 200 employés depuis l’investiture de Donald Trump le 20 janvier dernier. Ces nombreux licenciements, décidés précipitamment, ont créé des problèmes de communication et de continuité dans les projets de recherche.
CNN rapporte l’annulation d’une réunion du conseil consultatif du National Cancer Institute, le conseil national du cancer, créant du retard dans un financement à hauteur de 200 millions de dollars dans la recherche contre le cancer. En plus des suppressions de postes, les importantes coupes budgétaires vont avoir des répercussions sur l’avenir de la recherche médicale.
L'Agence météorologique est prise pour cible
À la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), ou Agence météorologique et océanographique américaine, ce sont 800 postes qui ont été supprimés depuis janvier. L’agence américaine est aujourd’hui le principal centre de recherche sur le climat, la météo et les océans. Ces licenciements, qui concernent des biologistes et des météorologues, ont provoqué un tollé dans le pays.
"La mission factice de Musk met un frein brutal à des programmes vitaux. Les gens à travers le pays dépendent de la NOAA pour des prévisions gratuites et précises, des alertes météorologiques graves et des informations d’urgence", a déclaré le député démocrate de Californie Jared Huffman, dans un communiqué, le 28 février. « Purger le gouvernement des scientifiques, des experts et des fonctionnaires de carrière et réduire les programmes fondamentaux coûtera des vies. »
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La NOAA avait été décrite comme l’un des principaux moteurs de "l’industrie de l’alarmisme climatique" par le Projet 2025, un plan de gouvernance mis en place par le cercle de réflexion Heritage Foundation, dont certains membres sont des proches du président, qui a lui-même qualifié le réchauffement climatique de « canular ».
Des conséquences internationales
Ces mesures ont des conséquences directes aux États-Unis, mais aussi à l’international. En effet, l’Europe est tributaire des travaux de recherche américains dans de nombreux domaines. Descollaborations internationales ont également été mises en pause à cause des licenciements et, plus largement, des coupes budgétaires.
Une collaboration existait depuis des décennies entre la NOAA et l’Ifremer, l’institut français de recherche sur l'océan, afin de mieux prévenir les risques climatiques et de renforcer les réseaux d’alerte face aux catastrophes naturelles dans les Antilles françaises. Elle est aujourd’hui au point mort, selon Franceinfo Guadeloupe.
Face à cette débâcle, certains scientifiques américains ont tout simplement décidé de quitter leur pays pour pouvoir continuer à exercer. Eric Berton, président d’Aix-Marseille Université, a annoncé début mars l’ouverture d’un programme d’accueil à destination des chercheurs « en danger dans leurs recherches, dans leur liberté académique ».
Source: www.linfodurable.fr